RE/MAX vendu à Real : simple transaction… ou début d’un grand bouleversement immobilier?

André-philippe St-GermainCourtier immobilier résidentiel - J0295

07 mai 2026



Le monde immobilier nord-américain vient possiblement de vivre l’un de ses moments charnières les plus importants des dernières années : The Real Brokerage a annoncé l’acquisition de RE/MAX Holdings dans une transaction évaluée à environ 880 millions $ US (incluant la dette). L’entreprise fusionnée compterait plus de 180 000 courtiers à travers le monde, tout en conservant les marques RE/MAX et Real.


Pour plusieurs courtiers québécois, la première réaction est simple :


« Est-ce que ça va changer quelque chose ici? »


La réponse courte : probablement oui. Et possiblement beaucoup plus qu’on pense.


Deux philosophies qui se rencontrent


Depuis près de 50 ans, RE/MAX s’est imposée comme une bannière traditionnelle forte, basée sur :


la notoriété de marque;

la présence physique des agences;

le recrutement local;

le modèle franchise + bureau.


De son côté, The Real Brokerage a bâti sa croissance sur une approche complètement différente :


modèle « cloud brokerage »;

faible structure physique;

forte automatisation;

intelligence artificielle et outils numériques;

recrutement à grande échelle.


Le PDG de Real affirme d’ailleurs vouloir créer une plateforme immobilière mondiale davantage propulsée par la technologie.


Autrement dit : l’ancienne école rencontre la nouvelle.


Et au Québec… qu’est-ce que ça pourrait changer?


Le Québec demeure un marché particulier :


réglementation de l’Organisme d'autoréglementation du courtage immobilier du Québec;

système Centris;

culture très locale;

importance des bureaux physiques et de la proximité terrain.


Mais même ici, cette transaction pourrait créer des ondes de choc.


1. Une pression accrue sur les franchises traditionnelles


Pendant des années, les grandes franchises justifiaient leurs coûts par :


la marque;

les bureaux;

la formation;

le référencement.


Mais si Real réussit à injecter des outils technologiques puissants dans l’écosystème RE/MAX, plusieurs courtiers pourraient commencer à se poser une question :


« Est-ce que j’ai encore besoin d’une structure aussi lourde pour performer? »


C’est possiblement là que la pression commencera.


2. L’accélération du modèle “courtier-entrepreneur”


Depuis quelques années, on voit déjà un changement :


Les meilleurs courtiers ne veulent plus seulement « appartenir à une bannière ».


Ils veulent :


bâtir leur propre marque;

contrôler leurs leads;

automatiser leur prospection;

développer leur équipe;

créer leurs propres systèmes.


Cette transaction pourrait accélérer ce mouvement.


Le courtier de demain pourrait ressembler davantage à une mini entreprise média + ventes + CRM + IA qu’à un simple vendeur immobilier.


3. La valeur réelle d’une bannière pourrait être redéfinie


Si la technologie devient plus accessible :


CRM automatisés;

assistants IA;

prospection SMS;

qualification automatique;

suivi intelligent des leads;


alors la question devient :


qu’est-ce qu’une bannière apporte vraiment?


du branding?

de la conformité?

du coaching?

de la culture?


Ou simplement une structure coûteuse?


C’est probablement le débat qui s’ouvrira dans les prochaines années.


Est-ce la fin des franchises traditionnelles?


Non… pas demain matin.


RE/MAX demeure extrêmement forte au Canada et continue même de croître dans certains marchés canadiens en 2026.


Mais cette transaction envoie un message clair :


Le futur du courtage ne sera pas uniquement bâti sur le nom inscrit sur la pancarte.


Il sera bâti sur :


la donnée;

l’automatisation;

l’expérience client;

la rapidité d’exécution;

la capacité du courtier à créer sa propre audience.

Mon opinion


Comme courtier actif sur le terrain au Québec, je crois qu’on entre dans une période où les courtiers qui vont vraiment tirer leur épingle du jeu seront ceux qui combinent :


relation humaine + expertise locale + technologie.


Pas seulement une bannière.


Pas seulement un CRM.


Pas seulement des publicités.


Mais un véritable écosystème.


Et cette acquisition pourrait bien être le point de départ d’une nouvelle ère dans notre industrie

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Écrit par André-philippe St-Germain

Courtier immobilier résidentiel - J0295